14 juillet, la fin de nos libertés !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

14 juillet, la fin de nos libertés !

Message  Admin le Dim 14 Juil - 9:52

 

 
(La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen)
14 juillet, la fin de nos libertés !

En ce début d'été 1789, les révolutionnaires avaient toutes raisons
de se réjouir et de s'enhardir.
Ils tenaient les ex-Etats généraux devenus très démocratiques "Assemblée nationale"
où le bluff et l'intimidation paralysaient les députés qui se seraient voulus "modérés".
Ils tenaient aussi la rue où pullulait toute une faune de gens sans aveu, de rôdeurs,
de déserteurs et de prisonniers en cavale et d'apatrides, prêts à s'ébranler au moindre
mot lancé du Palais Royal (d'où leur nom de "brigands d'Orléans").
Il s'agissait désormais de "légitimer" (si l'on peut dire) les coups d'Etat "légaux" perpétrés
à Versailles, par quelques actions dans les rues de la capitale qui fît croire à tout le monde,
à commencer par le roi, que le peuple approuvait ce qui venait de se passer à l'assemblée.
Une campagne de presse financée par le duc d'Orléans, et probablement par de l'argent anglais,
battait son plein contre les troupes que Louis XVI avait fait venir autour de Versailles et de Paris;
on les présentait comme l'instrument d'un complot armé contre l'Assemblée, alors qu'elles étaient
tout simplement destinées à remplacer les gardes françaises mutinées (cinq compagnies sur six)
et qu'elles avaient reçu l'ordre de ne point tirez sur le peuple !
Déjà l'Histoire était descendue dans la rue.
Les cabarets regorgeaient de gardes françaises annonçant qu'elles allaient déserter,
les officiers étaient partout hués et même les soldats des troupes appelées en renfort
(Royal-Allemand, régiments suisses, Provence-Infanterie, Dauphin Dragon ) étaient sollicités
par le Palais Royal.
Aux désordres s'ajoutait la disette avec queues aux portes des boulangeries,manifestation
contre la mauvaise qualité du pain, violences contre les receveurs de l'octroi,etc.
A lors, sentant la situation lui échapper, le roi crut devoir remplacer son ministre Necker
par des hommes réputés "à poigne".
Le 11 juillet, il créa un nouveau ministère sous l'autorité de Louis Charles Auguste Le Tonnelier,
baron de Breteuil, un ancien ministre d'Etat qui avait su s'attaquer aux sociétés de pensée,
mais le roi ne mesurait pas toutes les conséquences du renvoi de Necker !



L'alliance de l'argent et de la Révolution.


Ce dernier n'était pourtant pas un génie; c'était à cause de ses indécisions et de son imprévoyance
que les Etats généraux avaient si mal tournés.
Mais vu l'absence de véritables hommes d'Etat, il jouissait d'une réputation surfaite que même Mirabeau
n'arrivait pas encore à entamer; il passait presque pour un dieu auprès des rentiers et bien qu'il n'eût
en rien résolu la crise financière, les agioteurs, spéculateurs et banquiers avaient misé sur sa réussite.
Dès que la nouvelle du départ de l'dole fut connue à Paris le dimanche 12 juillet, les agents de change
furent les premiers à se réunir, à décider de fermer la Bourse le lendemain et même,avec les banquiers,
à descendre dans la rue.Ces hommes qui n'aimaient pas le désordre et qui réclamaient la constitution
d'une garde bourgeoise dans l'espoir que celle-ci fermerait les clubs les plus turbulents, ces bons
"conservateurs" se retrouvaient au coude à coude avec les émeutiers professionnels !

" Les capitalistes
, devait écrire Antoine de Rivarol,voulaient que M.Necker régnât pour les payer,
qu'on essayât d'une révolution pour les payer, que tout fût renversé pourvu qu'on les payât.
Ils aidèrent le peuple et l'assemblée à s'emparer de tout à condition que tout serait conservé par eux."


Le pouvoir de l'argent se substituait aux autorités naturelles: c'est cela aussi, la Révolution !

Vers midi, tout Paris fut en ébullition.
Au Palais Royal où les arbres pliaient sous des grappes humaines, Camille Desmoulin,
un avocat bègue et un pilier de cabaret, monté sur une table, haranguait la foule et prédisait:
"une Saint-Barthélemy des patriotes".
Les boutiques d'armuriers furent dévalisées.
Un premier heurt eut lieu avec le Royal-Allemand commandé par Charles-Eugène de Lorraine,
puis l'émeute se porta aux Tuileries et sur la place Louis XV (aujourd'hui "Concorde")
où les troupes furent bombardées de pierres et de tessons de bouteilles, tandis que les gardes
françaises désertaient, et faisaient feu sur le Royal-Allemand, forçant celui-ci à se retirer
sur la rive gauche.Puis la populace se porta sur la prison de la Force et la nuit du 12 au 13
commença au son des tambours et du tocsin.
Besenval, commandant militaire de Paris, essaya de faire intervenir un régiment suisse,
mais il ne put rien faire dans Paris mal éclairé.
Cependant, des électeurs effrayés s'étaient rendus à l'Hôtel de Ville où ils avaient créé
un comité permanent sous la présidence de Jacques de Flesselles, prévôt des marchands.
Dès le lundi 13 à cinq heures du matin, alors que quarante barrières d'octroi venaient
d'être incendiées, ces électeurs tentèrent d'organiser une milice bourgeoise pour résister
aux débordements.Pendant qu'une partie des émeutiers pillaient le couvent Saint-Lazare,
saccageant les œuvres d'art, se déguisant d'habits sacerdotaux et s'enivrant dans les caves,
une trentaine en mourut,Flesselles tentait de résoudre la question des armes, mais déjà la populace
pillait le garde-meubles royal place Louis XV et s'emparait d'un bateau contenant de la poudre
au Port Saint-Nicolas.
Puis cette masse avinée se rua sur les Invalides où le gouverneur Charles François de Virot,
marquis de Sombreuil, ne put empêcher l'invasion de l'esplanade et des caves.
Ainsi furent enlevés douze canons et trente mille fusils.
Il fallait aussi de la poudre; on pensa en trouver à la Bastille, cette vieille forteresse bâtie
par Charles V en 1370, réputée imprenable, devenue prison d'Etat sous Richelieu,
et qui depuis lors n'ait jamais reçu comme prisonniers que des aristocrates fort bien traités
et fort bien nourris.On voit mal en quoi cette masse de pierre dont Louis XVI lui-même
envisageait la démolition prochaine, pouvait empêcher le "peuple" de dormir...
Son gouverneur Bernard-René Jordan, marquis de Launay, disposait pour se défendre
de quatre-vingts invalides et de trente Suisses, mais, pour son malheur, il avait trop lu
les "Philosophes" : à ses yeux les émeutiers incarnaient l'homme à l'état de nature,
donc parfaitement bon, et il crut devoir traiter avec eux en homme du monde,en homme "normal"
comme dirait aujourd'hui François Hollande.
Dès l'arrivée du premier flot d'émeutiers, Launay ordonna de reculer les canons pointés
sur la rue Saint-Antoine et fit partager son petit déjeuner aux deux délégués qu'il avait introduits
très volontiers dans son salon.
Vers 10 heures, le ton monta: Launay jura qu'il ne tirerait que pour riposter.
En somme : MM.les émeutiers, tirez les premiers.
La cohue piaffait.
Tandis qu'elle grossissait sous les yeux amusés de Beaumarchais à sa fenêtre avec une actrice,
un coup de feu partit, et les choses se précipitèrent: des hommes, à coups de haches et de pioches,
cassèrent les chaînes du pont-levis.
Alors la horde envahit la cour du gouverneur, pilla les bâtiments, incendia les appartements.
A l'extérieur les canons étaient mis en batterie et les déserteurs des gardes françaises
se joignirent aux assaillants.On enrôla tout ce qui bougeait : soldats, ivrognes, badauds,
et même garçons de quinze ans !
Dans un tel désordre les assiégeants se tuaient entre eux.
Les canons tirèrent six coups de feu qui n'ébréchèrent même pas la forteresse, mais qui suffirent
à entraîner la capitulation du pauvre Launay !
La Bastille n'avait subi aucune perte et les portes restaient intactes; malgré tout,
une demi-heure plus tard, Launay descendait ouvrir lui-même le portail du côté d'un petit pont
à un flot d'hommes en furie prêts à toutes les atrocités.
Ils assassinèrent quelques invalides et quelques Suisses, se saisirent de Launay, le blessèrent
d'un coup d'épée et l'emmenèrent vers l'Hôtel de Ville: en chemin ils le massacrèrent et le jetèrent
au ruisseau (c'est bien la faute à Rousseau...), puis Desnos, garçon boucher qui
"s'y connaissait en viandes", lui coupa la tête, cette tête que, devait écrire Rivarol,
il avait " perdue avant qu'on la lui coupât"...Jacques de Flesselles, s'étant porté à la rencontre
de ces sauvages ivres de meurtres, connut le même sort.
On mit des deux têtes sanglantes au bout de piques et on les escorta jusqu'au Palais Royal:

- premier défilé du 14 juillet !Very Happy 

Et là on mit le feu le soir à toutes ces chairs et on farandola autour :

- premier bal du 14 juillet !  Very Happy 


Le commencement de la Terreur.





Dans cette affaire minable et morbide, les Parisiens ne furent en rien partie prenante.
Le soir, les théâtres rouvrirent comme un jour ordinaire.
Le comble du ridicule est que tout ce sang versé aboutit à constater que cette forteresse tant décriéé
ne contenait en fait que sept prisonniers dorlotés aux frais du roi :

- quatre faussaires : Bechade, La Corrège, Puyade et Laroche qui profitèrent de l'aubaine
pour s'esbigner;

- deux fous : Whyte et Tavernier, que la foule acclama mais qu'il fallut conduire à Charanton,

- et un jeune débauché, le comte de Solages, enfermé à la demande de sa famille
qu'il déshonorait; on le présenta comme une victime de l'arbitraire royal,
on le promena de clubs en sociétés et il y alla partout de discours larmoyants sur la "tyrannie" royale....
Les agents des loges maçonniques avaient enfin leur émeute; dans leur plan celle-ci devait servir
à intimider le roi et à démoraliser voire à terroriser les autorités naturelles, afin de faire croire
que le peuple entier voulait s'imposer comme souverain et qu'aucun retour en arrière n'était plus possible.
Il s'agissait donc de transformer les crimes crapuleux de cette journée en actes héroïques et de faire
de la populace avinée l'expression de toute la nation avide de "Liberté".
En guise de liberté on voulait surtout, faisant régner un climat de terreur, conditionner
les Français à êtres libres, libres non plus au rythme de ces vieilles libertés naturelles, familiales,
corporatrices, provinciales, que protégeait le roi arbitre suprême, mais libres de la liberté
de ces gens sans foi ni loi, sans attaches et sans mémoire, qui se disaient "vainqueurs de la Bastille"
et sur lesquels la Révolution allait aligner toute la société en suppriment provinces et corporations,
en s'attaquant à la famille, à l'Eglise, à l'école.
Tout niveler pour qu'il ne restât plus que l'Etat...
Le 14 juillet marque à tout jamais la fin de nos libertés.
Le prévôt des marchands étant occis, on s'empressa de nommer un maire qui fût le représentant
des idées révolutionnaires: Jean-Sylvain Bailly, l'homme du jeu de Paume.
Cette municipalité, totalement illégale, exigea que le roi vînt à Paris et la visite royale
du vendredi 17 juillet fut la journée la plus lamentable de l'histoire de la capitale.
Bailly, dans une atmosphère rigide et guindée, parla au roi comme à son égal,
lui présenta la cocarde tricolore (le blanc royal entre les deux couleurs de Paris);
Louis XVI la mit sans hésiter à son chapeau.
Ce fut alors, seulement, que fusèrent les cris de "Vive le roi".
On avait tout programmé afin de doser les menaces et les marques d'affection,
afin de faire de Louis XVI, dont on cannaissait la grande bonté, le roi docile de la Révolution.
Tandis qu'à Versailles la reine Marie-Antoinette rendait grâce à Dieu de voir revenir son mari vivant,
celui-ci pensait-il qu'il venait de gravir une marche de plus vers l'échafaud ?

La France réelle en fut profondément troublée.
Le roi, explique Pierre Gaxotte, qui de tout temps était
"le père auprès de qui on cherchait soutien et abri" venait de s'humilier,
"de reconnaître la suzeraineté de l'émeute, la sainteté de l'insurrection".
Tout un monde s'effondrait, la France dite moderne allait renier la France historique.
En rien le 14 juillet ne saurait être une fête pour nous.
Nous laisserons ce jour-là les flonflons aux sodomites et à leurs souteneurs électoraux....


Michel Fromentoux.




Source : RIVAROL n° 3102,12 juillet 2013,page 11.



 

La tyrannie des-droits-de-l'homme :

http://spartiate.tonempire.net/t508-les-droits-de-l-homme-un-instrument-de-tyrannie#1283




Bonne méditation....


Dernière édition par Admin le Ven 13 Sep - 9:49, édité 4 fois

_________________
L'autre Histoire.  
"Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son"
 



http://sansconcessiontv.org/
https://www.youtube.com/channel/UCtjSBBjPhyKMp2FzNnXJ_Nw/videos
http://robertfaurisson.blogspot.it/2014/12/une-grande-dame-allemande-ouvre-la.html
avatar
Admin
Admin
Admin

Nombre de messages : 4807
Age : 66
Localisation : Baie du Mont-Saint-Michel
Date d'inscription : 06/03/2008

http://europe-en-guerre.discutforum.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: 14 juillet, la fin de nos libertés !

Message  Admin le Mer 21 Aoû - 10:21

Nuit du Quatre-Août :
les débuts du grand brigandage politique.


   


La France était en proie à une véritable ivresse de meurtre et de destruction à la suite
de la minable journée du 14 juillet 1789 (voir l'article du 14 juillet ci-dessus).
Partout de fausses nouvelles provoquaient la peur et l'affolement et, comme on ne rencontrait
jamais l'affreux grand méchant loup qui devait tout ratisser sur son passage....on se défoulait
sur les "aristocrates".
Il n'y eut toutefois pas de jacquerie général, comme certains historiens l'ont laissé entendre.
En 1789, le climat dans les provinces françaises n'était nullement à la lutte des classes.

S'il est vrai que quantité de châteaux furent dévastés, que des archives seigneuriales furent brûlées
et que parfois des seigneurs furent assassinés, ces exactions furent le fait de bandes auxquelles
se mêlèrent une infime minorité de paysans.
En bien des endroits la population confia le commandement des milices improvisées pour la défense
des villages aux seigneurs eux-mêmes !
Et presque partout, une fois passé le coup de soleil et de folie de juillet,on allait voir comme en Vivarais
"se renouer les rapports de bon voisinage et de cordiale sympathie qui avaient longtemps rapproché
les paysans du gentihomme généreux et serviable"

(Charles Jolivet: La Révolution en Ardèche. Ed. Curandera?1988)


La grande peur.


En fait, si les révolutionnaires surent en juillet exploiter au maximum l'exaspération qu'avaient ici ou là
reflété les "cahiers de doléances" contre certains droits seigneuriaux, ce fut bien moins pour détruire
la noblesse en tant que telle (beaucoup en étaient, à commencer par Louis Philippe Joseph,
duc d'Orléans, cousin du roi) que pour saper les fondements de l'ordre traditionnel, imparfait certes,
mais rythmé par des hiérarchies que légitimaient les services rendus.
D'ailleurs avec quelques châteaux, furent incendiés des abbayes, des monastères et même
des maisons bourgeoises.
Tous ceux qui par leur fortune, mais surtout oar leur position ou leur vocation,incarnaient la permanence
de l'ordre ancien étaient catalogués et dénoncés comme "aristocrates".
Après la révolution politique, achevée le 27 juin quand les Etats généraux s'étaient transformés
en Assemblée nationale constituante, il s'agissait d'opérer la révolution sociale:

- tout fonder sur le libre épanouissement de l'individu !

Ce faisant, les révolutionnaires, qui avaient réussi à armer le peuple sous prétexte d'autodéfense,
espéraient bien que l'assemblée ne tarderait pas à sanctionner la situation née de ces émeutes agraires.
L'atmosphère parmi les députés était plutôt tendue.
Oh,certes, les "états d'âme" étaient rares surtout depuis que le protestant Barnave,révolutionnaire
avant l'heure à Grenoble en 1788, avait redonné bonne conscience aux plus scrupuleux en apostrophant
Gérard, marquis de Lailly-Toillendal, fils légitimé du vaincu de Pondichéry en 1761, choqué par
l'assassinat de Foulon et de Bertier de Sauvigny : "Ce sang était-il donc si pur ?"
Toutefois les excès qui continuaient en ce début du mois d'août en inquiétaient plus d'un.
Ils se taisaient.Comme devait le dire le négociant Mongaillard, "appréhendant de trop fortifier
le pouvoir royal, l'assemblée lui refusa une aide suffisante pour la répression des troubles."
 
Il n'en reste pas moins que la situation échappait aux députés;pour en sortir ils ne virent qu'une solution:

- proclamer eux-mêmes la spoliation de tous les Français, que les émeutiers venaient d'entamer !



Une farce ignoble.



On ne dira jamais trop quelle farce ignoble fut la fameuse Nuit du Qutre août.
La veille, le président Jacques Guillaume Thouret,élu depuis deux jours seulement par :
406 voix contre 402 à Sieyès, avait dû démissionner sous la pression de la rue:

- "modérés" savaient désormais qu'ils auraient la vie dure, d'autant plus que Isaac-René-Guy Le Chapelier,
fondateur du Club Breton, l'un des plus éavancés",accaparait la présidence.
De son côté le roi avait, le matin du 4, fait connaître les noms des ministres qui allaient assister
Jacques Necker:

- Jérôme Marie Champion de Cicé, archevêque de Bordeaux, garde des Sceaux,

- Jean-Georges Lefranc de Pompignan, archevêque de Vienne,ancien président de l'Assemblée,
ministre d'Etat,

- Alexis, comte de Saint-Priest, ministre de l'Intérieur,

- Jean-Frédéric de la Tour du Pin Gouvernet, ministre de la Guerre :

Tous des hommes d'ordre !

Mais les députés, du moins les meneurs, n'avaient plus qu'une idée en tête:

- se dépouiller et dépouiller leurs compatriotes.

En soirée, alors que le président Le Chapelier venait de lire un rapport sur la sûreté du royaume,
le vicomte Louis Marie Marc Antoine de Noailles, euphorique, expliqua que, pour calmer le peuple,
il suffisait de proclamer l'abolition des droits féodaux.
Noailles était un cadet sans grande fortune qui n'avait donc rien à perdre.
Mais voici le grand seigneur philosophe,Armand Désiré de Vignerot du Plessis,duc d'Aiguillon,
le plus grand propriétaire féodal !
Il tint le même langage,demandant toutefois le rachat de ces droits à très faible taux.
Aussitôt, dit Gaxotte, "dans une sorte de délire sentimental coupé d'acclamations et de larmes,
on adopta pêle-mêle la suppression des droits féodaux, des garennes, des banalités, des dîmes,
du casuel, des immunités provinciales et municipales.On s'embrassait, on pleurait,on sacrifiait
ses droits et ceux du voisin, on ne savait plus ce qu'on disait ni ce qu'on faisait."

(Pierre Gaxotte : La Révolution française.Ed.Fayard)

Comme toujours,cette spontanéité toute rousseauiste avait été bien préparée:

- Emmanuel-Louis-Henri de Launay,comte d'Antraigues, député du Vivarais,ami de Rousseau
mais devenu par la suite presque contre-révolutionnaire, écrivit plus tard,parlant de cette folle nuit
qu'il avait fallu :

" 1/imposer silence par la terreur à tous ceux qui devaient naturellement s'y opposer,

2/ anéantir les plus sages règlements de l'assemblée elle-même qui mettaient un frein
aux délibérations précipitées".

Donc les orateurs se succédaient,tous pressés de faire de la surenchère et tous salués
par des torrents de latmes enthousiastes.
Même le clergé se laissa gagner et l'on entendit Mgr Jean-Baptiste Joseph de Lubersac,
évêque de Chartres,parler de supprimer le droit de chasse, ce qui mit hors de lui
Louis Maris Florent de Lomont d'Haraucourt, duc du Châtelet, qui lança l'idée d'en finir
avec la dîme due au clergé.
La folie s'empara des élus de l'ex-tiers état qui abandonnèrent aveuglément tous les privilèges
des villes et des provinces, en somme les garanties des libertés qui avaient fait la force
et la vivacité de l'ancienne France.....
Toutefois cela était plus facile à dire qu'à mettre en pratique.
L'assemblée ne fut en mesure de publier le décret avalisant la folle nuit que le 11 août.
Furent alors déclarés abolis le servage (qui n'existait plus), les corvées,
les droits de chasse et de pêche....
Bien qu'abolies, les justices seigneuriales restaient provisoirement en activité.
Tous les autres droits qui étaient de véritables propriétés,liés à la terre elle-même,
furent déclarés rachetables.
Abolies également les privilèges des villes ou des provinces ainsi que la dîme,
et sans possibilité de rachat de celle-ci.
Les décrets d'application allaient venir plus tard et seraient,on s'en doute,l'occasion de mille conflits
pendant des années.
On peut penser ici qu'il n'est jamais rassurant de voir les politiques eux-mêmes s'offrir
ostensiblement en modèles de dépouillement.
On en a le spectable, 220 ans plus tard, avec François Hollande et sa bande de socialistes mal dégrossis.




Frénésie égalitariste.



Une fois de plus c'est le mot de brigandage qui résume le plus ce que fut cette aveugle
abolition des privilèges:

" Peut-être n'y avait-il pas un Français qui ne perdit quelque chose"
, écrit Gaxotte.

En effet on allait vouloir faire un épouvantail de ce mot de privilèges alors qu'il n'a jamais
signifié autre chose que ce que dit son étymologie: lois privées, c'est-à-dire des lois propres
à telle communauté dictées par les finalités mêmes de celle-ci.
Certains droits seigneuriaux ne se justifiaient guère depuis que les châteaux n'étaient plus
nécessaires à la protection des paysans, mais, outre que ces droits étaient très faibles
(30 sous par habitant dans le Tarn, par exemple) et souvent non recouvrés,il ne faut pas oublier
que la noblesse faisait la guerre et donc payait l'impôt du sang.
Les paysans petits propriétaires et les ouvriers agricoles ne gagnèrent rien à la suppression
du régime féodal: Jean Dumont a bien montré la copropriété des terres des seigneurs
qu'assuraient aux pauvres les vieux droits communautaires :

" Ces droits de vaine pâture, de parcours, de glane, des glandée, de prises de bois,etc,
qui permettaient aux pauvres d'exploiter en second les terres, prés et bois des seigneurs
et des riches et ainsi de se nourrir, d'avoir un petit bétail, de se chauffer, de construire".

(Jean Dumont :Pourquoi nous ne célèbrerons pas 1789. Ed.ARGE,1983)

Conséquence de l'abolition desdits privilèges :

- des insurrections paysannes pendant toute la Révolution et, bien vite, l'exil des paysans
vers les villes où ils allaient se prolétariser !
On les avait "libérés" pour leur malheur.Il y eut d'ailleurs tout un symbole dans le fait
que la séance fût présidée par Le Chapelier qui deux ans plus tard attachait son nom
à une loi isolant l'ouvrier et le condamnant à la misère...
Très grave également la suppression, et sans rachat possible, de la dîme due au clergé:

- avec elle, disparaissaient des aides sociales considérables (en quelque sorte la sécurité sociale
de l'époque) qu'organisait l'Eglise, ainsi que les moyens d'entretenir les collèges et d'offrir
des bourses aux élèves nécessiteux.




La domination de l'argent sans devoirs.




Enfin, en abolissant les privilèges des villes et des provinces, c'est-à-dire des juridictions particulières,
des franchises locales, des garanties administratives....ce furent des régions entières que l'on apprauvrit
et que l'on condamna à stagner dans l'uniformité.
Le constat est en tout point accablant:

- la Nuit du Quatre août, expression d'une idéologie foncièrement individualiste et égalitariste
(que personne ne dépende plus de personne ! ) rendit les pauvres plus pauvres
sans pour autant empêcher les riches, nobles ou pas, de sauver et d'accroître leur fortune,
notamment par le système des rachats de droits anciens.
Mais ce serait désormais une fortune à laquelle ne s'attacherait aucun devoir de service.
Le règle absolu de l'Argent:

- tel devait être le principal "cadeau" de la Révolution.....study  scratch 

Au-dessus de toutes ces folies, Necker essayait encore, mais sans grande conviction,de gouverner.
Le 7 août, il rappela aux députés que les caisses de l'Etat étaient toujours aussi vides qu'à l'ouverture
des Etats généraux:  

- un emprunt de trente millions fut voté.

Mais la Constituante préférait les grandes effusions théâtrales:

- le 13 août, Louis XVI, qui avait dormi tranquillement dans son lit pendant la nuit du 4 août
et qui n'avait pas encore étudié le décret du 11, fut ovationné, comme si tout cela venait de lui,
et reçut le titre pompeux de "restaurateur de la Liberté".
Toujours cette volonté des révolutionnaires de mettre le roi dans le jeu, de le "mouiller",
de le paralyser, d'abuser de sa bonté....
Il ne restait plus qu'à sanctionner ces "hauts faits" de l'assemblée par un nouveau catéchisme
qui élèverait ces principes au rang de dogmes:

- ce serait, le 26 août, la fameuse Déclaration des Droits de l'Homme,dont nous parlerons
à la rentrée de septembre.....




Michel Fromentoux.





Source : RIVAROL, n°3105, du 2 août au 4 septembre 2013, page 19.  study

_________________
L'autre Histoire.  
"Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son"
 



http://sansconcessiontv.org/
https://www.youtube.com/channel/UCtjSBBjPhyKMp2FzNnXJ_Nw/videos
http://robertfaurisson.blogspot.it/2014/12/une-grande-dame-allemande-ouvre-la.html
avatar
Admin
Admin
Admin

Nombre de messages : 4807
Age : 66
Localisation : Baie du Mont-Saint-Michel
Date d'inscription : 06/03/2008

http://europe-en-guerre.discutforum.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: 14 juillet, la fin de nos libertés !

Message  Admin le Ven 13 Sep - 9:56

Il y a eu 224 ans le 26 août dernier :
la grande imposture des Droits de l'Homme.


 


(La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen)
14 juillet, la fin de nos libertés !


En août 1789,l'Assemblée nationale constituante ne s'offrit guère de loisirs.
Longtemps en pleine euphorie à la suite de l'abandon des privilèges,cette farce qui,
avons-nous dit, consista à abolir les privilèges légitimés par les services rendus
pour ne laisser subsister que ceux de l'argent libre et sans devoir,les révolutionnaires
étaient trop férus de éLiberté" et trop obsédés par la chimère d'un monde à recréer
pour s'inquièter des conséquences de leurs emballements.
Necker pouvait toujours évoquer le vide des caisses de l'Etat et déplorer l'échec de l'emprunt
lancé le 9 août,on l'écoutait d'une oreille tout juste polie car on avait la tête ailleurs:

- on devait offrir à l'humanité entière en tous lieux et dans les siècles des siècles
une Déclaration des Droits de l'Homme !
Comme si, pendant des milliers d'années, les hommes avaient vécu dans la plus noire hébétude...
C'était La Fayette qui, le premier, et dès le 11 juillet,avait lancé l'idée d'une telle déclaration.
Ce fut encore un noble à l'esprit lui aussi pas mal contaminé par le virus libertaire de la guerre
d'indépendance américaine, Matthieu, duc de Montmorency-Laval (1766-1826), qui,le 1er août,
avait coupé court aux résistances en exaltant "l'exemple" qu'il s'agissait de donner
aux autres peuples.
Quelques scrupuleux réclamèrent que fussent déclarés aussi les devoirs de l'homme,
mais leur proposition fut repoussée par 570 voix contre 433, après qu'Adrien Duport,
un jeune loup de la Révolution eut expliqué que seuls les droits sont éternels ("toujours les mêmes")
alors que les devoirs ne relèvent que du législateur.
Une assertion qui ne laissait subsister que des devoirs envers l'Etat et qui aurait dû fortement
inquièter les députés !
Qu'importe ! On décida dès le 20 août d'entreprendre la discussion d'une déclaration
"courte,simple et précise" selon les termes du Grenoblois Jean-Joseph Mounier,
rapporteur du comité de constitution.
Honoré Gabriel Riquetti,comte de Mirabeau,Emmanuel Joseph Sieyès et Mounier lui-même
se chargèrent de la rédaction, tandis qu'emportée par son élan, l'Assemblée votait,le 23,
la liberté des opinions religieuses (sic) et, le 24, celle de la presse.
Le travail s'acheva le 25, jour de la fête de saint-Louis,et l'on vota le 26 dans l'enthousiasme
ladite Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, un texte comportant un préambule
et dix-sept articles,empli de ces vagues bonnes intentions dont est pavé l'enfer des guerres civiles...


Droits et libertés dans l'ancienne France.



Quel besoin y avait-il de proclamer une liste de droits ?
L'ancienne France ne parlait pas plus de droits que de libertés;elle se contentait d'en vivre.
Chaque Français jouissait de libertés concrètes en tant que membre de telle communauté naturelle
au sein de laquelle il accomplissait ses finalités personnelles et sociales.
Et le roi, grâce à l'indépendance vis-à-vis des clans que lui donnait l'hérédité, protégeait,garantissait,
harmonisait ces libertés foisonnantes en les faisant concourir au bien commun.
C'est ce qu'il disait le jour de son sacre quand il jurait devant Dieu de :
"rendre bonne justice à chacun selon ses droits".
A chacun : donc pas à l'homme abstrait;rien ne s'enracine dans des abstractions;
les droits et les libertés sont en relation avec des situations données ou ne sont que des formules
flatteuses et démagogiques.
En somme on demeurait fidèle à la sagesse traditionnelle, à cette vérité exprimée dès l'Antiquité
par Aristote et dont saint Thomas d'Aquin devait tirer toutes les conséquences, à savoir que
l'homme est un animal politique : il n'atteint son achèvement, sa perfection qu'en étant
membre de la communauté politique: il est partie d'un tout et le bien de la partie est fonction
de son bon ordonnancement au tout, un ordonnancement qui s'opère d'abord dans la famille,
puis dans la cité, dans la profession, dans la province, enfin dans la nation.
D'où une hiérarchie, un ordre, qui prédisposait chacun à s'ordonner par degrés au bien commun
inséparable de son bien propre.Et dans cet ordre chacun recevait ce qui lui était dû.
Voilà ce qui était juste: cela s'appelait le droit.
C'était concret et,en comparaison, les Droits de l'Homme ne sont que vaseux...
Peut-on croire qu'en tel ordre broyait la personne ?
Ce serait oublier que l'Ancien régime se référait sans cesse au Décalogue et à l'Evangile
et ne pouvait méconnaître le respect dû à chaque homme, image de Dieu, et appelé à être
à la ressemblance de Dieu !
Mais le fait que chaque être humain soit personnellement connu et aimé de Dieu,
donc revêtu d'une immense dignité, ne saurait justifier qu'il se prenne pour un absolu
par rapport à ses semblables.
En outre, les droits des pauvres et des nécessiteux étaient bien assurés par les sociétés de secours,
d'entraide et de prévoyance qu'encourageait l'Eglise et qui fonctionnaient comme de véritables services,
et non comme des machines à enrégimenter les personnes,comme on le voit aujourd'hui....


Les révolutionnaires n'ont rien inventé.



Les révolutionnaires ne furent pas les premiers à remettre en cause l'ordre de la Création.
Déjà au XIVè siècle sous prétexte d'épurer la religion chrétienne de tout reste de paganisme
et de s'en référer à la seule Révélation, mais surtout, semble-t-il, par impatience à l'égard
d'un ordre qui dépassait l'individu, des amis de Guillaume d'Ockham cessèrent de voir
dans cet ordre le reflet de la sagesse de Dieu.
Ce n'était plus que le fruit de la volonté de Dieu qui aurait pu faire le monde tout autrement
et avait donc agi de façon tout arbitraire.
Le droit,dès lors, ne fut plus un ordre de finalités, mais pure obéissance à la volonté divine
dont la "conscience" permettait de connaître les décrets.
La volonté humaine devenait participation à la volonté divine, chaque homme ayant une destinée
strictement personnelle; la société n'était plus qu'une juxtaposition d'individus et le droit
se rapportait à ceux-ci sans référence au bien commun; c'était un droit né des volontés parallèles
mais prétendues concourantes de Dieu et des hommes.
Sans que l'expression "droits de l'homme" fût employée, ils étaient présents dans ce discours
et même nantis d'un fondement divin.
Ce germe individualiste trouva un terrain d'élection dans les pays germaniques et anglo-saxons
(où allait s'épanouir le protestantisme, cette "insurrection de l'individu contre l'espèce",
devait dire Auguste Comte, à propos de Luther), puis déferla sur la France des Philosophes.
En route, on avait, pourrait-on dire, évacué Dieu, ou du moins l'avait-on réduit à un être lointain;
c'était fatal à partir du moment où il n'était plus qu'une volonté s'imposant aux hommes
par pur légalisme.
Les révolutionnaires n'inventèrent rien,ils ne firent que systématiser des erreurs éculées
et leur donner une portée universelle, en faisant de l'individu une source de droits.
Ils furent, certes, antichrétiens, mais plus précisément anticatholiques, rejetant à la fois Dieu
et l'héritage de la sagesse antique que l'Eglise catholique romaine avait recueilli et magnifié
en hommage à la sagesse divine.


Rendre les nations ingouvernables.




Revenons à la Déclaration proprement dite.
Passons vite sur le préambule, pompeux et mal ficelé, qui affirme que :

"l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics
et de la corruption des gouvernants"
, comme si l'oubli de leurs devoirs par les uns,
les incompétences ou les imprudences des autres, ou les passions aveuglées de ceux-ci,
les pressions subies par ceux-là n'étaient jamais pour rien dans les malheurs publics....
Puis voici les grands mots;ce sera la déclaration "des droits naturels inaliénables et sacrés de l'homme".
Mirabeau,ayant travaillé ces lignes avec deux Genevois calvinistes, Antoine Duroveray et Salomon Reybas,
voulait ménager tout le monde, croyants, déistes, athées; ce texte qui se voulait universel était donc
tout à fait de circonstance !
Et le délire continuait :

" afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social,
leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs; afin que les actes du pouvoir législatif
et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but
de toute institution politique, en soient plus respectés"....


Voilà chaque citoyen promu juge infaillible des actes des autorités, c'était livrer la politique
à la contestation permanente et vouloir imposer une règle nouvelle comme une référence obligatoire.
Il ne faudrait pas s'étonner dans ces conditions si même les quelques articles inspirés
par la jurisprudence traditionnelle, allaient prendre une tournure subversive rendant la société ingouvernable.



Le cadeau empoisonné de la liberté.



Les dix-sept articles étaient proclamés "en présence de l'Être suprême"
(ce qui n'engageait pas grand-chose...).
Le premier était le plus sot :

" Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits"
.

Ce qui avait pour effet de faire bondir Maurras sachant que si le poussin laissé libre à sa naissance
peut se débrouiller tout seul, l'homme, lui, en mourrait.
La naissance d'un petit homme est un très beau spectacle d'autorité nécessaire et d'inégalité protectrice.

Mais la sottise se précise à l'article 2 :

" Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme"
:
l'idée sous-jacente est que la communauté politique n'est autre que le résultat d'un contrat,
que l'homme ne traite avec la société qu'en tant qu'elle lui assure la sauvegarde de ses intérêts individuels,
qu'elle lui assure la survie de son égoïsme.
Au juste ordonnancement de l'individu dans la société se substituait une dialectique entre celle-ci
et celui-là: le rôle de l'autorité politique cessait d'être la gestion du bien commun pour se réduire
à garantir les droits individuels, en vertu de quoi toute autorité serait toujours plus ou moins suspecte;
les Droits de l'Homme n'ont réussi qu'à faire de toute question politique une affaire conflictuelle.

L'article 2 poursuivait en énumérant les nouveaux droits :

" la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'opposition"


La liberté ? elle n'est un bien que selon l'usage que l'on en fait:

" elle n'est pas aux origines
, disait Maurras, mais aux fleurs et aux fruits de la nature humaine".
Il faut donc une éducation qui forme l'intelligence et la volonté pour pouvoir bien user de sa liberté,
c'est-à-dire à apprendre à aller au Vrai, au Beau, au Bien.Sinon la liberté n'est que licence.
Quant à la propriété,éminemment juste en vue du bien commun (personne ne se sent responsable
de ce qui est à tout le monde) elle perd,en devenant un droit inviolable et sacré,toute fonction sociale,
toute responsabilité à l'égard de ceux qui ont moins.
Sur la sûreté et la résistance à l'oppression, les communautés de jadis étaient une vraie garantie
plus qu'une déclaration de droits.


La voie du totalitarisme.



Mais passons au plus pernicieux des articles: l'article 3 disait :

" Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation.
Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément."


Tous les totalitarismes de la Terreur et des deux siècles suivants sont contenus dans cet article
qui écrase les hommes concrets sous le joug d'une entité collective; il s'agissait de mettre en branle
une vraie machine de guerre à la fois contre l'Eglise (les pouvoirs de sa hiérarchie ont une origine
transcendante) et la monarchie de droit divin.
En outre la "volonté générale" devenait la seule source de la loi,autrement dit on faisait de la nation
un peuple en un seul corps massifié, atomisé,toutes diversités naturelles et tous intérêts communautaires
devant être effacés pour que chacun pût fondre sa volonté dans la volonté générale;
on préparait ainsi le règne des "purs", de ceux qui se seraient le plus dépouillés de toutes leurs traditions
et qui, au nom d'un monde nouveau à inventer, enverraient à l'échafaud comme ennemis de l'Homme,
des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants restés attachés à ces traditions auxquelles ils étaient
incapables de s'élever.
Tels furent, et tels sont depuis 224 ans ces fameux droits de l'homme qui restent comme autant
de bombes à retardement  dans l'arsenal politique républicain,ces droits que feu Jean Madiran
désignait toujours comme les DHSD (Droits de l'Homme Sans Dieu), montrant bien ainsi
qu'ils étaient le produit d'une volonté insensée de bâtir un monde sur les seules forces de la raison humaine....



Michel Fromentoux.


Source : RIVAROL n° 3107, 13 septembre 2013, page 11. study  scratch 

_________________
L'autre Histoire.  
"Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son"
 



http://sansconcessiontv.org/
https://www.youtube.com/channel/UCtjSBBjPhyKMp2FzNnXJ_Nw/videos
http://robertfaurisson.blogspot.it/2014/12/une-grande-dame-allemande-ouvre-la.html
avatar
Admin
Admin
Admin

Nombre de messages : 4807
Age : 66
Localisation : Baie du Mont-Saint-Michel
Date d'inscription : 06/03/2008

http://europe-en-guerre.discutforum.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: 14 juillet, la fin de nos libertés !

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum